Le mystère SarkObama
De mystérieuses affiches représentant Nicolas Sarkozy à partir d’un visuel de campagne, détourné, de Barack Obama et son slogan « yes we can » sont apparues ces derniers jours dans les rues de Paris, sans que l’on connaisse l’identité de leurs créateurs.
L’image en bleu, blanc et rouge détourne un dessin qui avait été réalisé pendant la campagne américaine par le graphiste américain Shepard Fairey.
Sous le visage du président français, les affiches déclinent des propositions d’inspiration progressiste: « Faire payer les entreprises qui polluent? », « Faire économiser 1.000 euros par an à chaque ménage? », « Produire une énergie propre et durable en Europe? », au-dessus du slogan « yes we can » (oui nous le pouvons).
L’UMP a démenti être à l’origine de cette campagne, dont plusieurs médias se sont fait l’écho ces derniers jours.
Même chose du côté des jeunes du mouvement. « On aurait aimé que ce soit nous parce que le message nous plaît », rapporte Benjamin Lancar, président des jeunes militants de l’UMP. « Vu le nombre d’affiches qu’il y a dans Paris il faut de gros moyens », observe-t-il, évoquant la possiblité qu’une « entreprise » soit à l’origine de cette action.
Du côté de l’Elysée on affirme tout ignorer de cette campagne.
Pendant la présidentielle américaine, nombre d’élus de la droite française avaient affiché leur préférence pour Barack Obama, et certains après sa victoire avaient fait un parallèle avec celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007, évoquant l’élection du candidat de la « rupture » et du « changement ».
Faire payer les entreprises qui polluent ? Créer 3 millions d’emplois non délocalisables en Europe ? Faire économiser 1 000 euros/an par ménage ? Produire une énergie propre et durable en Europe ? Ensemble, tout cela est possible… à condition que l’Europe se dote d’une réglementation ambitieuse en matière de politique énergie et de protection du climat !
Et malheureusement, le « paquet climat/énergie », que l’Union européenne doit boucler sous peu, est très loin du compte. Voilà pourquoi « SarkObama » fait la campagne que Nicolas Sarkozy devrait faire s’il était à la hauteur du défi des changements climatiques et de la présidence de l’Union européenne…
Le président français porte une lourde responsabilité… Actuellement à la tête de l’Union européenne jusqu’à fin décembre, Nicolas Sarkozy a laissé les États européens s’engluer dans leurs intérêts nationaux de court terme, au lieu de porter haut et fort l’intérêt collectif et les impératifs de la lutte contre les changements climatiques.
Avec Nicolas Sarkozy à la tête de l’UE, c’est Noël tous les jours ! Des droits à polluer gratuits pour les centrales à charbon polonaises, 30 g de CO2/km offerts aux constructeurs allemands Mercedes et BMW, et, pour couronner le tout, la possibilité pour chaque État de se défausser de leur allant acheter des crédits d’émissions de CO2 hors d’Europe…
Nicolas Sarkozy a une dernière chance de redresser la barre et de sauver de la médiocrité la présidence française de l’Union européenne : le sommet des chefs d’État et de gouvernements européens, qui va se tenir les 11 et 12 décembre. D’ici là, il doit travailler plus, pour qu’on émette moins…
Qui lui demande ainsi de relever ce challenge et de se montrer digne de SarkObama ? Réponse demain, en fin de matinée…