Johnny Hallyday : les critiques se focalisent sur Stéphane Delajoux

Stephane Delajoux a opéré Johnny HallydayLe neurochirurgien Stéphane Delajoux, qui a opéré Johnny Hallyday, est critiqué de toutes parts et directement mis en cause dans les ennuis de santé du chanteur, réopéré à Los Angeles et plongé dans un coma artificiel.

En 48h, les attaques se sont accumulées contre celui qu’on appelle « le neurochirurgien des stars » et qui se définit comme spécialiste du « traitement chirurgical des tumeurs au cerveau, du mal de dos et de la hernie discale ». C’est précisément d’une hernie discale qu’il a opéré Johnny Hallyday le 26 novembre à Paris.

Disant citer les chirurgiens de Los Angeles, le producteur du chanteur, Jean-Claude Camus, a affirmé que l’opération du 26 novembre avait été « un massacre » et qu’il fallait « réparer d’urgence » les dégâts.

Le Dr Delajoux, par le biais de son avocat, a rétorqué que l’intervention s’était « parfaitement bien déroulée », qu’elle « n’était pas hémorragique et ne nécessitait donc pas la pose d’un drain » que M. Camus a semblé lui reprocher de n’avoir pas installé. Il a ajouté que les examens de contrôle post-opératoires étaient « normaux ».

« L’état post-opératoire de M. Hallyday était parfaitement compatible avec son souhait de sortir le 27 novembre au soir, afin de poursuivre sa convalescence à son domicile », a-t-il assuré.

Une indication floue – Johnny Hallyday a un domicile principal à Los Angeles – qui ne dit pas si le neurochirurgien a donné son aval à un long voyage en avion vers la Californie, qui a eu lieu le 1er décembre.

Mais M. Camus est formel : « J’ai eu ce médecin en personne en ligne qui m’a assuré qu’il n’y avait aucun problème pour ce voyage et cela m’avait stupéfait ».

Interrogé par l’AFP, le Pr Alain Lortat-Jacob, chef du service orthopédie et traumatologie à l’hôpital Ambroise-Paré, a estimé « tout à fait possible une sortie à J2 ou J3″, après une intervention pour une hernie discale. « Le drainage, c’est une question d’école, mais ce n’est pas une faute de ne pas drainer », a-t-il dit. « Ce qui n’est pas raisonnable, c’est de faire 12 heures d’avion à J3″.

Des deux côtés, on évoque l’éventualité d’un pourvoi en justice. « J’ai entendu parler d’une possible procédure judiciaire à venir », dit M. Camus tandis que le Dr Delajoux a dit se réserver « l’opportunité de donner toute suite appropriée ».

Le Dr Delajoux a déjà eu affaire à la justice. Il a été condamné pour escroquerie aux assurances et fraude fiscale, et aussi pour faute médicale. Il a dû verser plus de 300.000 euros à une patiente opérée pour une sciatique et « gravement diminuée », quelque 40.000 à une autre opérée d’une hernie discale pour « faute dans le suivi post-opératoire » et 50.000 à une troisième pour « une intervention chirurgicale non appropriée ».

Suspendu durant trois ans dont 30 mois avec sursis par le Conseil de l’ordre, il a effectué sa peine, selon le Conseil de l’Ordre parisien.

Pour Irène Kahn-Bensaude, la présidente de ce conseil, la sanction est « légère » et le Dr Delajoux « n’est pas très net ». Mais elle se refuse à porter un jugement dans l’affaire Johnny : « Je ne sais pas s’il y a faute ou non ».

L’avocat de l’ordre, Olivier Metzner, accuse pour sa part le Dr Delajoux d’être « un homme sans scrupules » et « loin d’être recommandable », « un médecin dont le Conseil de l?ordre aimerait qu?il s?occupe d?autre chose ».

Le neurochirurgien s’était fait connaître il y a six ans en tentant « l’opération de la dernière chance » sur Marie Trintignant. En 2007 il avait opéré l’actrice Charlotte Gainsbourg pour résorber un hématome cérébral.